Un peu d’histoire >

Sainte Philippine

2018

Sainte Rose-Philippine Duchesne (1769-1852) est une missionnaire qui a su patienter de nombreuses années avant de partir et de rejoindre les Potowatomis du Nouveau Continent. Une femme de prière, une femme qui sait aimer, une femme audacieuse, une femme connectée. Elle est fêtée le 18 novembre. Nous entrons dans l’année de fête du bicentenaire de son départ vers le nouveau monde en mai 2018. Un itinéraire spirituel nous permet de la découvrir mois après mois sur le site httt ://philippine2018/


Philippine est née en 1769. Très jeune, elle entend un appel aux missions lointaines. En 1789, elle entre dans l’ordre de la Visitation, et vit à Grenoble au monastère de Sainte Marie d’en Haut. Sa communauté est dispersée par la Révolution française. En 1801, elle acquiert le monastère, c’est là qu’elle accueille en 1801 Mère Barat, à qui vont la lier affection et amitié. Devenue religieuse du Sacré-Coeur, elle reçoit dans la prière un appel pressant à la mission. Ce n’est qu’en 1818 qu’elle rejoint l’évêque de Louisiane. Philippine et cinq fondatrices débarquent à la Nouvelle Orléans.


La petite communauté connait le froid, la faim, la violence du climat, la dureté du travail, les épidémies. Cette femme intelligente et cultivée a du mal à maîtriser la pratique de l’anglais. D’un dévouement peu commun, elle s’adjuge les travaux les plus durs au jardin et à la maison. Très austère, elle se prive de tout.


Pendant ce temps, petit à petit, des établissements scolaires se multiplient.


Sainte Philippine Duchesne et les PotawatomisCe n’est qu’en 1841 qu’elle réalise son rêve : partir vivre au milieu des enfants potowatomi. Elle est surnommée par les indiens « la femme qui prie toujours. » Elle meurt le 18 novembre 1852. Elle est canonisée en 1988.


La femme qui prie toujours
La prière composée à l’occasion de la canonisation de Philippine Duchesne, le 3 juillet 1988, trace un portrait vivant de cette grande pionnière.


Pleine de courage devant la souffrance et les incompréhensions
obtiens-nous la force morale.
Humble, ardente et désintéressée en amitié,
apprends-nous à aimer avec le cœur de Jésus-Christ.
Infatigable dans la lutte pour le Règne du Christ
communique-nous ton enthousiasme.
Leçon vivante de prière,
aide-nous à vivre notre spiritualité d’incarnation et de mystère pascal.
Inspiratrice de l’amour missionnaire envers les plus pauvres
obtiens-nous le zèle pour le Royaume.
Patiente dans l’attente du Seigneur
enseigne-nous l’espérance.
Persévérante dans la poursuite de ton engagement pour la cause indigène ouvre nos cœurs à nos frères indiens.
Humble adoratrice de Jésus Eucharistie
communique-nous ton désir d’un don total de nous-mêmes.
Notre avant garde au Tiers-Monde,
obtiens-nous la grâce d’une vraie option pour les pauvres.
Exemple de pauvreté et de dépouillement total,
enseigne-nous l’oubli de nous-mêmes.

Saintre Philippine Duchesne


Voici un extrait du poème que les Indiens Potowami composèrent pour Philippine Duchesne


Nous sommes affligés : il y a des milliers de distance
Qui nous empêcheront de placer, une fois de plus,
Nos capes sur son dos.
Elle a appris de nous la manière de les tisser
Et nous, nous avons appris à prier en regardant son visage.
Fais que le soleil brille sur sa tendresse
Et que cette nuit la lune en son plein nous rappelle
Les heures qu’elle a passées devant toi à prier dans cette tente.


Extraits de lettres de Sophie Barat à Philippine Duchesne


« Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 12, 24)


« Si donc le Divin Cœur vous destine à l’heureuse vocation des missions lointaines, il vous donnera, je l’espère, un grand coeur pour supporter les travaux » (Lettre de 1856)


« Ce n’est pas sans attendrissement, que je vous trace ces premières lignes, depuis que vous êtes revêtue de la mission presque extraordinaire de conduire un petit troupeau si loin de nous... Votre exemple d’ailleurs est venu me fortifier ; l’attrait que j’eus autrefois pour cette vocation s’est réveillé et je n’ai pu m’empêcher d’envier votre sort ; pourtant il n’y a guère d’apparence que je puisse jamais le partager. Hélas ! À quoi serais-je bonne ? ...La persévérance de vos désirs, la facilité avec laquelle ce projet, si difficile en apparence, s’est réalisé quand le moment marqué par la Providence a été arrivé. Enfin la force que le bon Dieu vous a donnée pour triompher de tous les obstacles, tout me prouve que le Seigneur vous appelait... Maintenant, entrez de plus en plus dans les desseins de ce Dieu de bonté. Adieu avec le sentiment d’une bien cordiale affection in Corde Jesu. »


Pour prier
Philippine Duchesne fut la première religieuse du Sacré-Cœur à être envoyée en mission. Elle fut, en 1818, la fondatrice de la Société du Sacré-Cœur en Louisiane.


Que veut dire « missionnaire » pour moi ? Quelle est ma « mission » ? Où suis-je appelé à « partir » ? Me suis-je posé la question de partir « ailleurs » pour consacrer un certain temps à un service ou pour y donner ma vie ? Ma mission peut aussi se dérouler dans ma famille, sur mon lieu de travail. Prier pour demander la lumière.


Célébrer avec sainte Madeleine Sophie
Marie-Thérèse Deprecq, rscj
Monique Luirard, rscj

À lire

PDF - 13.3 ko
Portrait de sainte Rose-Philippine par Xavier Lecoeur, publié in La Croix

En savoir plus

Bibliographie