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Sur les pas de Sainte Philippine aux USA

Florence de La Villéon et Monique Fabre ont participés aux conférences et au pèlerinage organisés aux USA à l’occasion du bicentenaire de l’arrivée de Sainte Philippine Duchesne au Missouri.
Echos et impressions...


A Florissant, (deuxième fondation aux USA) cette maison si petite et pauvre que les mêmes salles servaient de dortoir la nuit, de lieu de travail et de prière le jour, que ce soit pour les novices comme pour les pensionnaires ; quant à Philippine, l’escalier sous lequel elle dormait après avoir prié longuement à la chapelle voisine, fut l’objet de nombreuses photographies avec une sœur à l’entrée du petit réduit.

St Charles, première école fondée par Philippine le 15 septembre 1818 est devenue un très bel établissement scolaire primaire, qui garde le mausolée de Philippine et les souvenirs de ses dernières années.


Nous sommes ensuite allés chez les « Potawatomi », où Philippine put enfin réaliser son rêve de jeunesse. C’est à Sugar Creek qu’elle arriva avec trois autres sœurs en juillet 1841 après 4 jours de navigation à bord de l’Emilie ; les Indiens l’attendaient impatiemment et avec beaucoup de respect. Quelle émotion de découvrir dans cet immense lieu sacré pour les américains, quelques arbres autour desquels une corde indique la petite surface où se tenait la cabane des sœurs et où vécut Philippine pendant une seule année. Ce lieu servant à tout et un peu à tout le monde car les Indiens y entraient comme chez eux.

Un autre lieu significatif est l’église de la mission qui voyait Philippine pendant de longues heures chaque jour, pendant que les autres sœurs faisaient la classe aux petites indiennes ; d’où le nom que les Indiens lui donnèrent : la femme qui prie toujours.


Monique Fabre, rscj













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Le point culminant de ce voyage a été certainement pour moi, le pèlerinage qui a suivi la conférence. J’arrivais de Grenoble, pays de naissance de Philippine et je me retrouvais quelques jours plus tard sur les lieux où Philippine avait ensuite vécu et où elle était décédée, soit toute une vie résumée en quelques jours.


Après cinq heures de bus, nous sommes arrivés dans un cimetière, dans un coin perdu du Kansas. Cinq heures d’autoroute puis de chemin de terre pour venir prier sur la tombe des premières missionnaires aux USA.
C’était celles qui ont suivi les indiens dans leur exode après leur expulsion de Sugar Creek.


J’ai été marquée par cette tombe le jour où nous apprenions le décès de Françoise de Pous, missionnaire d’aujourd’hui qui a vécu au Tchad une quarantaine d’années. Elle fait partie de ces missionnaires d’aujourd’hui qui meurent loin de leur terre natale après une vie donnée auprès de peuples en souffrance.
Cette escale nous a aussi mis en contact avec la réalité vécue par les Indiens à l’époque de Philippine : le déplacement de leur camp, leur exode massif entrainant mort et découragement, l’accompagnement des missionnaires RSCJ et SJ.


Ces immense plaines désertes s’étendant sur des kms, balayées par le vent et les tempêtes de neige en hiver et par une chaleur accablante en été, m’ont fait réaliser plus concrètement ce qu’ils ont vécu.
Le lendemain, après de nouveau plusieurs heures de bus, nous avons rejoint Sugar Creek où Philippine a passé son unique année avec les indiens.



J’ai été touchée par ce sous-bois qui ressemble fortement à ceux que nous connaissons en France. Il est juste en bordure de ces immenses plaines. Comme à Joigny avec Madeleine- Sophie, nous avons fait ici à Sugar Creek, dans ce sous-bois, l’expérience d’une présence, celle de Philippine. Je me suis assise sur sa pierre en pensant à la chapelle de Sainte- Marie- d’en- haut où elle a vécu sa nuit d’adoration. On dit que c’est là que Philippine priait des nuits et des jours entiers : quel beau cadeau pour la Société, quelle belle expérience spirituelle pour moi aujourd’hui, quel bel encouragement pour tenir dans l’isolement ou les épreuves.



Les conférences nous ont fait découvrir combien le charisme des premières missionnaires est vivant aujourd’hui. Des RSCJ continuent leur œuvre avec la même audace, énergie, courage pour franchir les frontières et travailler aux nouvelles périphéries du monde d’aujourd’hui.


En visitant ces lieux à Saint Mary et Sugar Creek, j’ai pensé fortement à mes années à Rhino Camp dans le dénuement et la solitude, j’ai prié pour ceux et celles qui continuent à partager la vie quotidienne et rude des migrants, j’ai prié pour toutes nos missionnaires qui donnent leur vie sur des terres lointaines. Mais l’isolement des premières missionnaires m’a fait comprendre combien il aurait été logique, comme nous le disait notre guide rscj, de laisser la Congrégation se développer seule sur ce nouveau continent sans avoir à maintenir des liens impossibles avec Madeleine- Sophie en France. Philippine a toujours voulu s’en remettre à Madeleine- Sophie, faisant ainsi vivre et grandir le cor unum dans les conditions les plus extrêmes.
Je rentre avec la tête pleine d’images, avec le cœur plus proche du Seigneur. Merci à nos Saintes pour leur exemple et le chemin qu’elles nous ont tracé.


Florence de la Villéon, rscj
 


 

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