Entrez dans la communauté de Villejuif le lundi soir... Une communauté humaine, enfants et sœurs, crépite de vie. Cinq enfants, nos voisins, de 4 à 10 ans accourent chez nous poussés par la soif d'apprendre.
Au départ, il y a quelques années, Subisha, l'aînée, a été accompagnée par Geneviève, puis le petit frère a demandé, puis un à un les enfants d'une autre famille Sri Lankaise... ont supplié, un à un.
Les yeux noirs, le regard pétillants, ces enfants ont soif d'apprendre à parler français (langue qu'ils apprennent à l'école, non pratiquée à la maison), écrire les mots de cette langue, la lire et puis compter. Fierté. "Tu me prépares des devoirs sur les Shtroumpfs pour la semaine prochaine ?!"
Entre devoirs, jeux, lecture d'une histoire, leur confiance en nous est totale, que ce soit en Sophie qui est plutôt leur référente ou les nouveaux visages qui apparaissent à la communauté : Aline, Françoise de Pous. Les enfants nous ayant clairement repéré comme communauté, un jour Dushiga nous fait un dessin intitulé : "Le jardin de Sophie et des bonnes sœurs".
Quand les enfants nous aperçoivent dehors, ils accourent vers nous, crient notre prénom en nous sautant au cou. Tout cela accompagné de "Tu vas où ? Pourquoi ? Et Sophie elle est où ?" Et ils nous présentent leurs copains... et alors les amis de nos amis sont nos amis !
C'est aussi la joie de partager ces instants de bonheur avec Fernande, une sœur d'une autre congrégation, de la rue juste à côté. Le bonheur à Villejuif a pour noms : Subisha, Lawanan, Dushiga, Tarmighan, Giritaran. Instants d'éternité.
Aline Watteau