Comment est né ce Foyer ?
Tout simplement en lisant les « signes des temps » comme cela était
demandé par le concile. Après l'arrivée de Madeleine-Sophie Barat à Poitiers en
1806, une école gratuite et un pensionnat sont ouverts et prospèrent. Cent ans
après, avec la tourmente de 1905, c'est l'obstination et la générosité des
anciennes et de leurs amis qui permettent de ne pas démanteler le domaine et
facilitent, après quelque temps, le retour des Religieuses du Sacré Cœur et la
reprise de l'activité scolaire et d'autres œuvres. Mais en 1963, suite à
l'introduction de la mixité dans les établissements français, le Lycée de
garçons des Feuillants et le Pensionnat du Sacré Coeur risquent de devenir
concurrentiels. Un discernement s'impose. A la même époque, le diocèse sent
l'urgence d'établir sur Poitiers un Foyer de jeunes filles. Et c'est ainsi que
s'est opérée la transformation. Dimanche 8 juin, on vous expliquera les
évolutions successives de ce Foyer tantôt avec des lycéennes, tantôt des jeunes
travailleuses, tantôt exclusivement des étudiantes.
Après avoir logé un an comme étudiante dans la
chambre 27, il y a très longtemps, j'ai la joie d'être responsable de ce Foyer
depuis maintenant un peu plus d'un an. Je ne peux pas ici vous détailler toutes
mes joies !
L'organisation:cela concerne les locaux, le matériel, le mobilier, le
wifi à chaque étage (non ; dans chaque chambre) ; la mise au point de
la sécurité ; les questions administratives : contrat de séjour,
règlement intérieur, projet socio-éducatif, avec aussi le site web, tout cela
est au point.
L'équipe : les
cinq membres de l'équipe dont je suis et qui travaillent au Foyer aiment les
jeunes et en sont aimées. Elles cherchent certainement le bien-être et la
satisfaction des 75 étudiantes présentes cette année et qu'elles aperçoivent
presque chaque jour, mais elles cherchent aussi à aider à leur croissance et à
leur formation de jeunes adultes.
Le conseil d'Administration : bureau
formé de personnalités de la ville de Poitiers, sympathiques et prêts à aider,
attentifs aux solutions des problèmes. Ils s'occupent non seulement des
finances, mais comprennent et soutiennent les options du Foyer et les jeunes
étudiantes qui apprécient leur écoute et leur aide.
Les fêtes traditionnelles.Il y a d'abord la fête d'intégration fin septembre - début
octobre. Son but : rassembler tout le monde et trouver des moyens simples
et plaisants pour que chacune ait l'occasion de dire au moins une phrase à
chacune des 74 autres. On y fait aussi une nappe-souvenir où chacune se
manifeste à travers un dessin ou un rébus.
La fête de Noël : avec la participation de toute la maison. La
difficulté est de trouver le jour et l'heure, en dehors du week-end, qui
permettra la plus large présence malgré cours, TP, TD, Ipeco, Crem etc... Il y a
d'abord un bon repas, puis une réunion où il y a de tout : sketches, jeux,
chants de Noël offerts aux étudiantes par les personnes de la résidence,
diaporamas, musique. Cette année les « clous » de la fête ont
été : comme chaque année les chants de Noël des personnes âgées, les très
beaux morceaux de piano d'une jeune étudiante chinoise, la leçon collective
d'origamis avec un modèle géant en carton, par deux Japonaises qui ne parlaient
pas encore français.
Plus tard dans l'année nouvelle,
il y a les soirées-crêpes très appréciées dont voici un élément de recette :
douze litres de lait, quatre à cinq kilos de farine, vingt-quatre œufs... et bien
sûr un peu de rhum venu tout droit des Antilles dans les valises de l'une ou de
l'autre ; sans oublier la récolte des œufs de Pâques dans le jardin fleuri
du printemps.
Mais il n'y a pas que les
fêtes ! Il y a le long travail acharné de jour et de nuit, semaine et
dimanche, pour obtenir ce fameux concours de médecine ou de pharmacie de
première année que briguent plus de la moitié des jeunes du Foyer !
Les sœurs du Sacré Cœur et toutes
les résidentes :
Elles ont l'occasion de passer par le foyer chaque fois qu'elles sortent et
quand elles veulent un renseignement au standard. Au début de l'année, ce sont
elles qui disent bonjour les premières, et peu à peu cela s'inverse et les
étudiantes sont heureuses d'être appelées par leur nom, et de savoir qu'elles
ont un soutien de prière. Et leur participation à la fête de Noël est
irremplaçable !
Et les jeunes évidemment ! Elles gardent secrètement
l'intimité de leur vie privée au plan personnel ou religieux. Elles
s'entraident dans les coups durs et se soutiennent. Certaines ferment
soigneusement à clé tout ce qui leur est attribué ; d'autres non ; et
il semble bien que rien ne disparaît du frigo par exemple.
Et qu'est-ce qui se passe dans ce
Foyer au niveau animation religieuse ? Peu de chose au niveau formel. Il y
en a plusieurs qui sont cheftaines de guides ou de jeannettes ; quelques
unes, peu, participent à l'aumônerie des étudiants. Leur jardin est très secret
dans tous les domaines, mais leur entraide mutuelle, leur affection les unes
pour les autres, leurs efforts pour donner de la joie, l'ambiance générale de
fraternité, laissent entendre que leur première année de vie d'adulte loin de
la famille parfois, est une année de vraie croissance. Et, quand on entre pour
une réparation ou autre intervention dans une chambre, à travers toutes les
innombrables photos qui tapissent les murs, malgré le désordre inénarrable du
sol, on peut voir chez certaines une bible ouverte en bonne place, ou affiché
au mur un slogan positif – par exemple « ne jamais me
plaindre ! »-qui démontre leur maturité et leur volonté de progrès.
Si vous voulez en savoir plus sur
le Foyer, allez voir le site www.feuillants.org
. Vous saurez tout, même les tarifs de l'année prochaine.
Avec notre communauté du 7
rue des Feuillants dont deux membres, Maryvonne Keraly et Françoise de
Campigneulles ont été directrices du Foyer, nous espérons que cette fête
anniversaire des 7 et 8 juin donnera une grande joie de retrouvailles à toutes
celles qui y participeront.