SOMMAIRE
Des témoignages
Ceux qui sont parties témoignent

INDONESIE :

Stéphanie Valdelièvre a été institutrice à Bondues, elle enseigne actuellement dans les Vosges. Cinq mois après son séjour d'été en Indonésie, elle témoignage :

Je me souviens de mon émotion dans les chapelles des deux maisons. Cette belle impression d'entrevoir un esprit de famille, l'unité peut-être de la congrégation ? Nous sommes à l'autre bout du monde et il me semble être chez les sœurs de Lille, Paris ou Lyon. Cela tient sans doute à quelques détails insaisissables, dans l'aménagement, la décoration. Ce dépouillement autour du tabernacle, ces quelques objets symboliques qui personnalisent l'universel et font la simplicité joyeuse.

Dans la maison de Digna, souvent ouverte pour des journées de prières, on offre des reproductions de la "Vierge de la Société". La jeune maman de cette toile, c'est la Vierge telle que l'a décrite Bernanos : "la cadette du genre humain", "plus jeune que le péché." Elle est si pure, si lumineuse, si enfant, qu'on voudrait la préserver. La garder toujours dans la radieuse clarté de ce sourire. Un sourire qui élève et vers lequel je me tourne dans les moments d'épreuve. Combien de fois ai-je chassé une pensée destructrice, évité une parole ou un geste négatifs, par la seule crainte de blesser Marie ? De ternir cette joie bouleversante, devant laquelle on voudrait s'agenouiller ? Il me semble accéder au sens du péché, cette notion tellement étrangère à ma génération. Devant ce tableau, je comprends que pécher c'est faire pleurer cette Vierge enfant. Et sa souffrance me conduit à celle de son fils. Je pense maintenant aux deux cœurs enlacés, brodés par Madeleine-Sophie. Comprenant la souffrance de Marie, je comprends celle du Christ. A force de puiser dans sa miséricorde, j'oublie souvent qu'Il souffre avant de pardonner. Quelle aventure dès lors de penser, vouloir et chercher la sainteté non plus en termes de mal ou de bien mais de tristesse ou de joie !

J'ai été très marquée par la profonde richesse de la vie des sœurs. Elles sont vraiment au cœur de la vie du pays, proches de toutes les classes sociales. Pleinement investies dans la vie du quartier et l'Eglise locale, elles sont disponibles pour les plus pauvres, vivant pleinement la compassion dans l'écoute, le quotidien partagé et l'aide concrète.

Présence de consolation mais également de construction. Soeur Kaero, par exemple, est activement engagée à "Fakta", association locale au service des droits de l'homme. Avocats et bénévoles s'y investissent au service de prostituées, de familles expulsées, ou encore des aveugles, en danger perpétuel dans cette mégalopole anarchique.

Présence d'amitié et d'encouragement mutuel auprès de Linely et les siens. Cette riche famille américaine semble appartenir à un autre monde mais sa luxueuse villa n'est que le cadre d'une bouillonnante activité au service des plus défavorisés. Quelle magnifique diversité des rencontres !

Dans la maison même des soeurs ont vécu ensemble une étudiante japonaise qui écrivait sa thèse et un jeune musulman en grande détresse sociale. Les soeurs rejoignent et accompagnent chacun, dans son identité et sa liberté. Et je me rappelle le dessin de Rachel lors du week-end de préparation : le logo des RSCJ, ou le monde entier dans un coeur ouvert.

21 janvier 2006