Ghislaine travaille avec Solange à la pastorale des personnes handicapées, plus précisément à la pastorale des sourds. Elle nous parle de sa découverte de cet univers.
Quand je suis avec des sourds, je suis en pays étranger et je dois apprendre à regarder pour écouter !
En effet, les sourds n'entendent pas avec les oreilles, ils entendent avec les yeux : "Voir. Sans voir, je suis perdu. Il me faut l'expression du regard, les mouvements de la bouche."
A la pastorale des sourds, ce qui m'est le plus difficile, c'est de parler en image. En langue des signes, on exprime d'abord l'idée principale, ensuite on ajoute ls détails, le décor... C'est pour cela que lorsque je prépare une réunion avec Solange, j'ai des difficultés car lorsque j'exprime une idée, il faut que je l'exprime imagée, sans cela elle ne comprend pas. Une réunion de préparation dure 3 heures, alors que normalement cela devrait durer 1 h. ...
Mon travail avec les sourds m'aide à être davantage religieuse du Sacré-Coeur, dans ma relation à Dieu et aux autres. Il m'oblige à "regarder" l'autre avec un regard nouveau : celui du "regard muet" "regard joyeux" "regard communicatif". Il m'aide à accepter d'être remise en cause par un autre qui sait autant que moi mais d'une façon différente. Il m'aide à être au service d'un exclus qui continuellement m'apprend la profondeur du regard contemplatif.