SOMMAIRE
Témoignages
Françoise, la beauté de l'art comme expérience de Dieu
Faire découvrir la beauté dans l'art pour une expérience de Dieu

Mon travail au niveau de l'art s'enracine dans une expérience personnelle. Et c'est ce que j'ai découvert de Dieu qui me pousse à l'annoncer.


Mon expérience :
Dix ans de crise spirituelle profonde, de tunnel au bout duquel m'est apparu le tympan de Vézelay et son annonce de la bonne nouvelle du salut : le dessein de Dieu de tout rassembler dans le Christ. (Eph. 1 :11)
Des années de dégoût de la prière pendant lesquelles Dieu m'a donné de découvrir peu à peu une autre manière de prier par l'art.
Mais, en contre-partie, je ne me trouvais plus vraiment en harmonie avec la manière de prier des RSCJ, avec le doute de ma place dans la congrégation.
Et ce sont les Constitutions de 82 qui m'ont donné la lumière, dans le chapitre sur la prière:
« Nous adoptons les formes de prière qui nous aident
à grandir dans la foi, l'espérance et la charité.
Chaque religieuse trouvera son rythme de prière
et déterminera la meilleure façon d'être fidèle
à ce que le Seigneur demande pour elle et pour la société. »
Cette expérience s'est transformée en une nécessité vitale pour moi de transmettre à d'autres cette découverte du sens de la vie, par le moyen de l'art sacré et du message que les artistes nous transmettent.



Mon champ d'action
J'ai pu le développer beaucoup plus depuis que j'ai quitté l'Economat provincial et je peux m'y consacrer maintenant entièrement.
Il se développe dans deux axes :
- faire découvrir les oeuvres d'art sacré et le message qu'elles transmettent
D'abord dans des organismes d'Eglise. (Je n'ai pas ma petite association personnelle : la Société nous demande de travailler en lien avec des associations).
Ce sont les cours que je donne à la Catho,
les sessions et Week-end que je donne dans les centres jésuites, surtout le Chatelard,
le travail avec la pastorale du tourisme de plusieurs diocèses : cours, voyages guidés,
les visites de la cathédrale de Lyon avec les scolaires,
la formation des catéchistes à se servir de l'art pour leur catéchèse,
les interventions dans des congrégations ou autres structures religieuses.
Puis dans de nombreuses instances, associations, chrétiennes ou non : conférences, voyages guidés, visites d'églises.
- apprendre à prier avec une oeuvre d'art
Je fais des weekends de formation à la prière avec l'art roman, des temps de prière avec l'art pendant le triduum pascal, des retraites à partir de Vézelay et même des temps avec des RSCJ.
Toutes ces activités ont, en contre-partie, une exigence intérieure pour moi.
Cela me demande d'intérioriser moi-même l'oeuvre d'art,
de prier avec elle,
de me laisser façonner par une contemplation qui m'aide à chercher Dieu.
Je ne peux parler d'une oeuvre d'art que si elle est pour moi vie et sens.Qu'est-ce que j'essaie de faire dans ces activités ?
J'essaie
- de montrer le message de l'art du Moyen-Age : la beauté visible est un chemin pour nous faire découvrir la Beauté invisible, Dieu.
-
de montrer que l'art sacré, surtout l'art roman, nous découvre que la vie a un sens : que Dieu nous aime, s'est incarné dans son Fils et veut nous rassembler dans ce que l'Apocalypse appelle la Jérusalem céleste.
-
d'introduire à une prière de contemplation qui introduit dans le message de l'Evangile. Le plus difficile, pour moi, est de me situer dans des organismes laïcs où je dois rester neutre dans un domaine qui ne l'est pas.

Dans un cas, comme dans l'autre, ce sont les Constitutions qui me renvoient à ma mission éducatrice : avoir le « souci de la croissance intégrale de la personne... Que chaque personne s'éveille à la vérité, à l'amour, la liberté, qu'elle découvre le sens de sa vie et s'éveille aux autres »Par quels moyens, j'essaie de remplir cette mission d'éducation ?
Faire de l'histoire de l'art ne m'intéresse pas en tant que tel : il y a des livres pour cela. Ce que l'on ne trouve pas dans les livres ni dans les études de faculté, ni chez les guides officiels c'est le sens des ?uvres d'art sacré que l'on regarde ou analyse. J'essaie de faire découvrir ce sens.
Mon passé de Professeur m'y aide beaucoup ainsi que la pédagogie que j'ai découverte dans l'association CASA (Communauté d'accueil dans les sites artistiques : association de guides de monuments chrétiens) : partir de là où est la personne ; lui donner les éléments historiques, sociologiques, culturels et artistiques nécessaires à la compréhension de l'?uvre d'art ; puis l'aider à découvrir, le plus possible par elle-même, la dimension spirituelle de cette ?uvre qui nous renvoie à nous-mêmes et à notre approche de la vie.Dans tous les cas, je fais mienne la devise-programme de la Pastorale du tourisme de Lyon : avec laquelle je travaille : « se construire par la beauté ».
Une oeuvre d'art peut nous donner un sentiment de plénitude, de perfection, de parfait aboutissement qui nous atteint au point que nous comprenons qu'un événement important vient de se produire et que désormais rien ne sera plus comme avant. Un bonheur, une joie réelle nous enveloppe.
Ce que je perçois comme beau, avec l'émotion suscitée en moi, me façonne, m'améliore, me grandit, bref me construit.
Si je peux partager cette émotion, cela aura comme conséquence d'imprégner en moi, plus profondément encore, le message reçu dans cette perception du beau.
Ce message, j'essaie que ce soit celui de la Bonne nouvelle de l'amour du Christ donnant sens à notre vie.

Françoise Rollin Rscj

Françoise Rollin Rscj

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