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Chemins de Religieuses du Sacré-Coeur de Jésus
Éducatrice spécialisée, partage d'une jeune professe

Aline, jeune professe, exerce depuis plus d'un an et demi son métier d'éducatrice spécialisée dans une nouvelle structure. Elle décrit ses activités et évoque ce qui la touche profondément.

Aline, Religieuse du Sacré-Coeur de Jésus et éducatrice spécialiséeJe suis donc dans un service qui acceuille surtout des enfants (0-12 ans) nés avec la trisomie 21, une anomalie génétique. Ce syndrome altère les capacités intellectuelles, le développement psychomoteur, les capacités de langage et d'abstraction.

Nous sommes une équipe composée d'une directrice, deux pédopsychiatres, une psychologue, trois psychomotriciennes, deux éducatrices spécialisées (et nous manquons d'orthophonistes).
Cette équipe se réunit chaque semaine pour analyser les situations des enfants et des familles, réfléchir à ce qui est le plus adéquat pour aider la croissance de l'enfant et l'accompagnement de sa famille.


Pour ma part, je rencontre chaque enfant, une fois par semaine, pour une séance individuelle de trois quart d'heure qui se déroule au domicile familial, en crèche ou à l'école.
Dix neuf enfants me sont confiés. Ma relation éducative vise la croissance de l'enfant et le soutien de son intégration en milieu dit ordinaire : famille, crèche, école. Il y a là tout un travail de collaboration avec les parents, le personnel de crèche, les enseignants.
C'est ainsi que j'ai appris à sillonner la banlieue parisonne avec la voiture de la communauté, à me familiariser avec cette banlieue, à me laisser accueillir dans des familles souvent bien modestes et de culture africaine ou arabe.
Une visite à domicile a toujours un goût particulier. On entre dans l'intimité familial. Je suis souvent surprise par l'hospitalité, la dignité, la confiance des parents, la fierté de l'enfant vis-à-vis de ses frères et sœurs. C'est parfois le moment des confidences heureuses ou douloureuses à propos de cet enfant si particulier.
Pour les crèches et écoles, cela leur demande toute une ouverture d'accueillir un professionnel extérieur et dont la mission leur semble souvent bien floue. Pour certains, c'est naturel et ils s'en réjouissent même, un vrai travail d'équipe a lieu. Pour d'autres, je ressens de la méfiance, de la résistance et parfois même un rejet clair de cette différence que porte l'enfant, différence qui dérange et que je viens surligner par ma simple présence.


Et puis, il y a d'autres lieux encore.
Ces trois enfants que je vois au centre équestre en "équithérapie", la thérapie par le poney ou comment la relation avec le poney permet à l'enfant de mieux gérer ses émotions, son agressivité, trouver un espace d'apaisement, développer des capacités motrices.


Il y a aussi ce groupe "corps en jeu" que j'anime avec une collègue psychomotricienne pour quatre filles de 7-8 ans. Place à l'imagination, à des voyages extraordinaires tout en travaillant le vocabulaire, la pensée, l'organisation du corps, son expression ... et tout cela sans en avoir l'air. J'ai beaucoup de goût à ce moment. À vrai dire, il fait appel à des compétences que j'ai eu l'occasion de développer lors d'un stage professionnel de ... clown... si, si , c'est très sérieux, cela développe notamment d'excellentes attitudes éducatives. Ce n'est que le début d'une aventure qui me rejoint profond.
Il y a aussi, un duo appelé "système D" ou comment se débrouiller dans des choses de vie quotidienne. Cela me donne l'occasion de découvrir la ville avec les enfants lors d'exercices d'orientation.

Pour conclure, je suis heureuse de ce travail, j'y ai beaucoup de goût.
Voir un enfant faire des pas en avant m ‘émerveille, je me réjouis avec les parents, je les rassure.
Et lorsque l'enfant semble en point d'arrêt ou en crise, l'équipe est là pour tenter de comprendre. Demeurer, être au côté de l'enfant, des parents, de l'enseignant est essentiel. La patience est le maitre mot.


Mon travail est en fait une écoute de l'enfant, de là où il en est, et d'ajuster mes propositions pour l'aider à faire le pas suivant, à grandir. Ma boîte à outils est bien garnie : poupées, dînette, contes, jeux, marionnettes, pâte à modeler... et surtout la bienveillance, croire en lui, le regarder comme le Christ le regarde et Il l'aime, j'en suis sûre !

Aline