Témoignage de Sophie
La fresque de Mater m'accompagne, et c'est réellement une surprise, dans mon travail d'enseignante !
La confiance que les Religieuses du Sacré-Cœur ont fait à cette jeune femme, lui demandant de décorer un mur m'invite à porter un regard d'espérance sur mes élèves.
La place privilégiée qui a été réservée par la suite à cette fresque, malgré ses imperfections me parle de la place des erreurs, des imperfections dans le travail d'apprentissage comme d'un lieu indispensable pour progresser.
L'arrêt de l'ouvrage m'invite à ne pas survaloriser l'activité, l'action mais à prendre de la distance, à accueillir dans la prière et avec le regard d'amour du Christ les événements de la journée, les joies, les moments difficiles que j'ai pu vivre avec mes élèves. Ces temps de pause, de contemplation sont fondamentaux dans ma vie d'enseignante !
De la contemplation de cette fresque est née une aquarelle, qui m'accompagne en allant en cours, surtout dans les moments difficiles, avec ce verset de la Bible (Ben Sirac le Sage 35,26) :
« La miséricorde est bonne au temps de la tribulation
comme les nuages de pluie au temps de la sécheresse. »
Riche de son expérience de professeur de Mathématiques, Michèle partage l'une ou l'autre chose que les maths lui ont appris et comment cela rejoint son expérience de foi, de prière.
Michèle :
"Bien souvent, un problème résiste, je ne trouve pas la solution immédiatement. Cela m'apprend la persévérance, à durer, à reprendre. Cette persévérance me rejoint dans la prière : apprendre à rester en pauvreté de cœur devant le Seigneur, à durer dans la sécheresse.
Il peut y avoir plusieurs chemins, plus ou moins élégants, pour arriver à solutionner un problème.
Cela m'apprend à respecter les cheminements, ceux des autres, les miens, les uns plus rapides, les autres plus lents. C'est une acceptation, une certaine tolérance, un respect.
Il y a la joie de trouver une solution longtemps cherchée, un émerveillement devant la beauté d'une courbe, ou simplement devant le regard d'un élève découvrant les limites : « Comment nous, tout petit que nous sommes, nous pouvons arriver à l'infini. »
Cette joie, cet émerveillement font partie intégrante de ma démarche de foi : émerveillement devant cet infini de Dieu, de me savoir avoir du prix à ses yeux. « Dites lui que ce qu'il a découvert du Cœur de Dieu n'est rien à côté de ce que Dieu, qui l'a choisi, lui réserve. » Claudel
Chercher un problème de math, c'est bâtir sur des hypothèses, des données et tendre vers un but, quelquefois en faisant des détours, en osant me risquer à avancer telle ou telle explication, sans hésiter à les reprendre, à tâtonner...
Dans ma démarche de foi, il en est souvent de même :
1. m'appuyer sur des expériences faites
2. comme Moïse, la « curiosité » peut me faire faire des détours, elle creuse en moi l'envie de chercher, de continuer à être chercheur de Dieu, en moi, dans les autres..."
Témoignage de Christine :
"Dans mon travail d'enseignante de la chimie dans les classes préparatoires aux grandes écoles, je consonne à l'intuition qu'a eu Madeleine Sophie de transformer la société par l'éducation ; je crois qu'en formant à la rigueur scientifique, à l'honnêteté dans un travail personnel ou de groupe, à la clarté de l'esprit et de l'expression écrite ou orale, à la confiance en soi et en l'autre...je peux aider à former des cadres solides, des dirigeants, qui auront une influence certaine sur la société et sauront redonner plus tard les valeurs qu'ils ont reçues.
Je suis souvent interpellée par le regard de mes élèves, regard qui dit soit au secours, soit est-ce que je suis aimé ?, soit est-ce qu'on espère en moi ?...et ma réponse veut dire combien chacun compte de manière unique, tel qu'il est. Le tutorat est pour cela une aide précieuse pour aider un étudiant à grandir en vérité et en liberté."